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A travail égal, salaire égal : deux entreprises sanctionnées, une première !

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Deux entreprises françaises ont été sanctionnées par l'Etat pour ne pas avoir respecté la loi sur la parité hommes-femmes. Cette loi existait. Elle avait été votée le 2 novembre 2010 par le gouvernement Fillon mais n'avait encore jamais été appliquée. Une première donc sur le front de la lutte pour une égalité salariale.

La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a annoncé jeudi matin dans le Parisien que deux entreprises françaises avaient écopées de sanctions financières pour avoir pratiqué une différence de traitement entre le salaire féminin et masculin.

Le nom des sociétés mises à l'index n'a pas été révélé car selon la ministre il ne s'agit pas de faire du "name and shame" (nommer pour faire honte) comme aux Etats-Unis. "L'amende est suffisamment importante en elle-même".

Concrètement, la première entreprise que se situe en Ile de France sera dans l'obligation de payer une amende de 5000 euros jusqu'à ce que la question de la disparité salariale soit résolue, en conformité avec la loi de 2010. "Cette somme représente 1% de sa masse salariale, précise la benjamine du gouvernement. Il s'agit d'une structure de 150 salariés qui affiche 500 euros d'écart de salaire moyen entre hommes et femmes".

L'autre société se trouve en Aquitaine. Elle "devra payer 8500 euros d'amende en une fois, parce qu'elle vient juste de revendre son activité". Najat Vallaud-Belkacem ajoute que l'entreprise qui compte 180 salariés "n'a jamais remis de document, malgré les avertissements. Charge au nouveau propriétaire de corriger le tir…".

Les mentalités sont difficiles à changer, les sociétés ont aussi tout intérêt à faire de la résistance. Cette différence de salaire profite avant tout aux entreprises qui souhaitent obtenir une main d'oeuvre qualifiée à moindre coût. Ici on parle pourtant d'un écart de 500 euros sur un bulletin de salaire mensuel, soit un manque à gagner de 6000 euros par an. La ministre des Droits des femmes a donné un coup d'envoi symbolique qui pourrait bien se transformer en pratique plus systématique.

En effet, la législation consent depuis 2010 à l'Etat d'appliquer des pénalités de 1% de la masse salariale aux structures publiques et privées de plus de 50 salariés qui ne respecteraient pas la parité salariale et l'égalité face aux promotions entre hommes et femmes.

Et la différence salariale en France est loin d'être une vue d'esprit : l'écart de salaire entre un homme et une femme est de 28% dans le privé, 18% dans le public. 70% des postes les moins payés sont occupés par des femmes. A peine plus de 23,5% de femmes figurent au sein de Conseils d'administration des entreprises du CAC40. Les sanctions financières pourraient être un bon point de départ pour réduire ces inégalité. "la peur du gendarme, ça fonctionne", estime Najat Vallaud-Belkacem.

Sur la lancée la ministre proposera un nouveau projet de loi qui s'attaquera à la différence des retraites entre hommes femmes qui est aujourd'hui de 35 %, et sur une meilleure répartition du congé parental.

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