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Abercrombie & Fitch poursuivi pour interdiction du voile islamique

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La plus haute juridiction américaine va devoir décider si l'enseigne Abercrombie & Fitch est coupable de discrimination religieuse en refusant le port du foulard islamique chez ses vendeuses. La Cour suprême des Etats-Unis réputée pour défendre bec et ongles le monde des affaires comme la liberté de religion, devra ainsi «trancher dans une affaire qui oppose les revendications de l'un aux exigences de l'autre», observe Vivian Berger, experte de la Columbia Law School.

Ses neuf juges examineront la plainte de l'Agence fédérale pour l'égalité devant l'emploi (EEOC) contre la chaîne de vêtements très prisés des adolescents et les sages devront donc arbitrer entre un employeur, qui exige le strict respect de sa politique vestimentaire pour son personnel, et un candidat à une offre d'emploi, dont les convictions religieuses empêchaient de s'y plier.

En 2008, Samantha Elauf, alors âgée de 17 ans, s'était ainsi vu refuser un poste de vendeuse chez Abercrombie & Fitch, au motif qu'elle portait un foulard lors de l'entretien de recrutement. Cela violait la politique vestimentaire de l'enseigne de prêt-à-porter.

Les magasins d'A&F sont réputés pour leurs mannequins aux torses sculpturaux et aux jeans taille basse, appâtant le client à l'entrée, et pour ses vendeuses aux tailles de guêpe et aux décolletés généreux, revêtues de jupes courtes et de vêtements ajourés. C'est dans un magasin pour enfants de Tulsa, en Oklahoma (sud des Etats-Unis), que la jeune femme voilée a postulé, sans mentionner sa confession ni demander explicitement d'aménagement du règlement.

La réponse de la haute cour est attendue fin juin. Cette affaire est d'importance. Car, selon l'argumentaire de soutien d'organisations religieuses, les plaintes pour discrimination religieuse sur le lieu de travail ont plus que doublé au cours des quinze dernières années aux Etats-Unis.

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