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La qualité de l’emploi des jeunes européens se détériore

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Eurostat a coordonné l’«Enquête sur les forces de travail» menée par les instituts nationaux de statistiques pour évaluer l’évolution de la qualité de l’emploi des jeunes durant cette période de crise. La notion de qualité de l’emploi fait partie de la stratégie européenne pour l’emploi définie par la Stratégie de Lisbonne, mise au point en 2000. Dans cette étude, la qualité de l’emploi est envisagée sous l’angle des capacités, c’est-à-dire la liberté réelle de choisir un emploi.

Les résultats de cette recherche analysés par le Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Céreq) montrent que la détérioration de la qualité de l’emploi est globale et particulièrement marquée en Irlande, Espagne, Portugal, Grèce, ainsi qu’au Royaume-Uni.

Une amélioration n’est constatée que dans cinq pays : l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas. Cocorico : la France a connu une augmentation plus modeste du chômage des jeunes couplée à une relative stabilité de la qualité de l’emploi.

La dégradation de la qualité de l’emploi accompagne l’augmentation du chômage. «Quantité et qualité de l’emploi varient de concert» notent les auteurs du Céreq. L’enquête ne fait d’ailleurs pas apparaître de pays ayant connu une baisse du chômage au prix d’une dégradation de la qualité des emplois. En revanche, ceux ayant connu une baisse de chômage ont aussi vu la qualité de l’emploi s’améliorer.

Dans les pays européens étudiés, la détérioration de la qualité de l’emploi est principalement due à la hausse des temps partiels involontaires (30 %) et à celle des emplois offrant une quantité d’heures de travail inférieure au volume souhaité (20 %). Avec des variations très importantes d’un pays à l’autre : l’emploi temporaire involontaire a presque décuplé en Irlande entre 2006 et 2012, tandis qu’il était divisé par deux en Allemagne, indique le Céreq.

Cette dégradation de la qualité de l’emploi est longtemps restée dans l’ombre d’autres préoccupations tel que le niveau de chômage. Les auteurs de l’étude incitent les acteurs institutionnels et les entreprises à mettre l’accent sur des politiques «à même de développer le champ des possibles en matière d’emploi et de travail» et le «renouveau d’une orientation au service de l’égale liberté d’agir». L’étude conclut très justement : «Ce qui importe c’est le renforcement de la liberté réelle des jeunes à occuper un emploi qu’ils ont des raisons de valoriser».

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