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Le Conseil d'Etat entend accélérer l'adoption du CV anonyme

La plus haute juridiction administrative a ainsi jugé que «le délai raisonnable imparti» au gouvernement pour rendre le texte applicable était «dépassé» et a donné six mois au premier ministre pour publier un décret. Le Conseil d'Etat n'a toutefois pas prononcé d'astreinte, alors que le rapporteur public avait préconisé d'obliger le gouvernement à payer 100 euros par jour de retard supplémentaire.

Le Conseil d'Etat avait été saisi par l'association Maison des potes-Maison de l'égalité, spécialisée dans la lutte contre les discriminations, mais aussi par le MoDem, Sciences Po, et David van der Vlist, ce dernier estimant que son nom l'expose à une discrimination à l'embauche.

L'idée de la généralisation du CV anonyme, censé lutter contre les discriminations à l'embauche, était née après les émeutes en banlieue de 2005. La loi sur l'égalité des chances, votée en 2006, la reprenait à son compte. Mais le décret d'application n'avait jamais été publié, dans l'attente d'une expérimentation.

Les résultats finaux de celle-ci révélaient que le CV anonyme pouvait avoir des effets contre-productifs. Avec un CV classique, un candidat issu de l'immigration et/ou résidant en zone urbaine sensible (ZUS) a 1 chance sur 10 de décrocher un entretien, contre 1 sur 22 quand le CV est anonyme.

Ce résultat en apparence étonnant serait dû à la tendance qu'ont les recruteurs à «relativiser» les carences des CV des candidats issus de l'immigration quand ils sont nominatifs. Indulgence qui disparaîtrait dans le cas contraire. «Ils pardonnent plus des trous dans le CV ou des fautes d'orthographe quand ils connaissent les origines sociales», explique le Centre de recherche en économie et statistiques.

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