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L'économie japonaise fait appel aux femmes

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«Une société où les femmes rayonnent»: tel est le vœu spectaculaire du premier ministre Shinzo Abe. Il faudra cependant bien plus que de belles paroles pour changer la donne du travail féminin au Japon. Sous l'impulsion du gouvernement toutefois qui, pour donner l'exemple, vient de nommer cinq femmes dans son gouvernement remanié, un mouvement favorable semble se dessiner. Plusieurs entreprises japonaises se sont ainsi récemment engagées à promouvoir plus de femmes à des postes de responsabilité, comme Panasonic, ANA ou Toyota.

Mais les obstacles sont nombreux. «Mieux vaut avancer pas à pas» pour éviter «des échecs qui seraient contre-productifs», prévient le PDG de Nissan, Carlos Ghosn. Il juge trop «ambitieux» l'objectif du premier ministre soit 30% de femmes à des postes de responsabilités en 2020, contre 11% aujourd'hui. Le constructeur d'automobiles projette pour sa part de porter cette part de 7% à 10% d'ici à 2017. «Je ne veux pas prendre de risques», assure le dirigeant, refusant «une démarche artificielle pour se plier à la mode du moment».

Surtout les principales intéressées ont-elles envie de tels postes? Pas forcément dans l'environnement actuel, qui impose des conditions de travail difficiles. Pour celles qui tentent de concilier travail et vie de famille, l'aventure peut en effet virer au cauchemar en cas de supérieurs peu compréhensifs: remarques désobligeantes, surcharge de travail, voire carrément rupture de contrat.

Malgré l'adoption, en 1985, d'une loi sur l'égalité des chances dans l'emploi, le monde japonais de l'entreprise est resté très masculin. Les jeunes japonaises sont également nombreuses à quitter leur emploi une fois la bague au doigt, ce qui se traduit par une courbe d'activité en M en fonction des tranches d'âge. Un premier pic avant le mariage, un creux à la naissance du premier enfant et pendant ses premières années, un deuxième pic ensuite, qui correspond à un retour tardif sur le marché du travail, souvent à temps partiel. Résultat, le taux d'activité moyen des femmes plafonne à environ 63%, loin des 80% de leurs homologues masculins.

Il y a urgence à agir néanmoins, car dans un pays vieillissant, la population en âge de travailler diminue inexorablement: 87 millions en 1995, 66 millions en 2013 et, selon des projections, 57 millions en 2030.

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