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Les investissements étrangers créent moins d’emplois

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Bonne nouvelle puisqu’après trois ans de baisse, le nombre de projets lancés par des groupes internationaux dans l’Hexagone est remonté de 8 % en 2014, selon les pointages de l’agence nationale Business France. Cette structure publique a comptabilisé 740 décisions de ce type, qu’il s’agisse d’implantations nouvelles, d’extensions de sites existants ou de rachats d’entreprises en difficulté. Muriel Pénicaud, la directrice générale de Business France précise : «Cette hausse marque une inversion de tendance. On sent un frémissement. Il ne faut pas mollir pour autant. Car nous ne sommes pas seuls à vouloir attirer les investissements étrangers qui arrivent en ce moment en Europe. C’est le moment d’y aller à fond».

Pour les responsables publics, il est en effet beaucoup trop tôt pour crier victoire. D’abord, la reprise de 2014 n’est pas due spécifiquement aux efforts de la France : toute l’Europe a bénéficié d’une hausse des investissements étrangers, évaluée à 17 % par Business France. La part de marché de l’Hexagone en Europe tend donc à décliner un peu. Surtout, la légère progression du nombre d’investissements cache une baisse du nombre d’emplois concernés. Les projets décidés en 2014 ne doivent, en effet, permettre de créer ou sauvegarder que 25 478 emplois, selon les estimations des pouvoirs publics. C’est 14 % de moins qu’en 2013, et la plus mauvaise performance depuis douze ans.

Ces dernières années, l’impact sur l’emploi des projets internationaux n’a cessé de décliner. Un problème majeur, car si François Hollande, Manuel Valls et leurs ministres sillonnent la planète pour répéter dans toutes les langues «La France est un pays pro-entreprises», c’est bien pour que cela crée des emplois. Or le temps des énormes usines (comme celle inaugurée par Toyota à Valenciennes en 2001 qui avait entraîné la création de 4 000 postes d’un coup) est bel et bien fini. Désormais, les projets les plus massifs dépassent rarement 200 emplois. A l’image de la nouvelle unité chimique installée par l’américain Hexcel Fibers à Roussillon (Rhône-Alpes), une des opérations majeures de 2014, qui a permis le recrutement de 120 personnes.

Au fil des ans, «les investissements changent, avec une forte progression du nombre de projets dans des activités à forte valeur ajoutée», constate-t-on chez Business France. En 2014, davantage de sociétés ont ainsi décidé d’implanter des sièges sociaux ou des centres de recherche et développement. A la clé, des emplois haut de gamme mais en quantité restreinte. Les investissements dans la production, eux, drainent toujours moins d’emplois, un reflet de la profonde crise de l’industrie en France.

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