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L'open space est le cauchemar des salariés français

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Manque de confort de leur siège, éclairage insuffisant, aménagement de l'espace peu judicieux, absence d'intimité ou encore nuisances sonores : les Français ont beaucoup à redire de leur espace de travail. Selon le dernier baromètre de l'observatoire Actineo sur la qualité de vie au travail, les salariés français seraient ainsi les Européens les moins satisfaits de leur environnement professionnel. Ils sont en effet 22 % à s'en plaindre, contre seulement 9% des Néerlandais et 12% des Britanniques.

Principale cause de ce mécontentement : les open space, ces bureaux collectifs et ouverts dans lesquels travaillent 55% des Français. Plus économiques pour les entreprises, ils sont censés permettre un meilleur partage de l'information entre les collaborateurs, favoriser l'échange et encourager le travail en équipe. Problème, les Français ne semblent, eux, n'y voir que des inconvénients.

Plus de la moitié d'entre eux (52%) se déclarent ainsi perturbés par les bruits et discussions de leurs collègues quand d'autres (56%) pointent du doigt l'aménagement de l'espace. À noter que les salariés jouissant d'un bureau fermé ne sont que 39% à se plaindre de l'aménagement de leur environnement de travail. Autre point de crispation : les espaces permettant de s'isoler. Alors que 52% des sondés en sont satisfaits, ce taux chute à 27% chez les salariés installés dans un espace collectif. Et cette aversion des Français pour l'open space est d'autant plus problématique que la qualité de vie au travail constitue un élément prioritaire pour 45% d'entre eux, juste après l'intérêt pour le travail (50%) et avant la localisation (33%).

Mais pourquoi un tel refus des bureaux partagés ? Responsable du conseil scientifique d'Actineo, Alain d'Iribarne y voit une raison symbolique et culturelle, le bureau étant considéré par beaucoup comme un signe de réussite sociale : «Les Français sont attachés aux signes statutaires et les cadres intermédiaires en open space ont un sentiment de déclassement». Un point de vue partagé par Elisabeth Pélegrin-Genel, architecte et psychologue du travail : « On a toujours beaucoup associé les bureaux avec une lecture très hiérarchique. On est plus hypersensibles à des signes qui se traduisent dans l'espace là où d'autres pays sont sensibles à des signes sur le salaire ou sur les avantages».

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