Excite

Mort du CDI ? La flexisécurité à l'européenne

  • senat.fr

Le 11 janvier dernier, un accord national interprofessionnel de flexibilité du travail avait été signé par le MEDEF et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) mais refusé par la CGT et FO.

Le porte-parole des socialistes, Thierry Mandon avait alors rendu hommage à Laurence Parisot pour « son effort à participer à cet effort de redressement en jouant pleinement le jeu de la négociation ».

Pour Jacqueline Fraysse (FG) : « Madame Parisot avait été très claire, il ne s’agissait pas de sécuriser l’emploi mais de sécuriser les licenciements ». Pour l’UMP, Dominique Dord compare la méthode Hollande à la méthode Sarkozy et Luc Chatel y voit « un premier pas vers la bonne direction ».

Mardi 14 Mai, ce projet de loi sur la sécurisation de l’emploi a été définitivement adopté au Parlement après un vote ultime au Sénat. Les sénateurs ont approuvé la dernière version du texte par 169 voix contre 33. Les sénateurs socialistes et radicaux, mais aussi la grande majorité des centristes ont voté pour le projet de loi. L'UMP s'est abstenue ainsi que les écologistes. Le CRC (communiste) a été le seul groupe à voter contre.

L’ANI (accord national interprofessionnel) accorde plus de flexibilité aux entreprises (accord de maintien dans l’emploi, mobilité interne, refonte des procédures de licenciements...) tout en créant de nouveaux droits pour les salariés (accès élargi aux mutuelles, droits rechargeables au chômage, formation...).

Mort du CDI ?

Pour Michel Sapin, le ministre du Travail : c’est "un progrès considérable pour les salariés", "les syndicalistes vont s’en saisir et utiliser les possibilités nouvelles pour négocier des avancées pour les salariés".

Christiane Demontès (PS) souligne que le texte "conforte et modernise le dialogue social, renforce les droits des salariés et fait le choix de l’emploi plutôt que du licenciement".

Pour Dominique Watrin (PC) "ce texte s’appelle sécurisation de l’emploi, mais il sécurise en fait les licenciements et les employeurs, et fait porter le poids des ajustements économiques aux salariés. Il faut mesurer la régression que représentent les accords de maintien dans l’emploi : par le chantage à l’emploi, les salaires pourront être baissés jusque à 1,2 fois le Smic".

Laurence Parisot, déclare que "ce soir, les partenaires sociaux ont placé la France en haut des standards européens en matière de marché du travail et de relations sociales», que c’est un « accord historique parce que son contenu est profondément innovant, parce qu’il couvre un champ très large de la vie du travail, de la vie sociale, parce qu’il va transformer la gestion des ressources humaines".

Selon certains experts financiers, le projet de loi était prévisible, voire inévitable, ils disaient alors : "Aujourd’hui, le modèle français, le modèle du fameux CDI, est en train d’arriver en bout de course. Le CDI tel que nous l’avons connu, nous ne le connaîtrons plus, normalement. Le prochain président de la République, quel qu’il soit, va devoir faire ce travail », « permettre une plus grande flexibilité », « réduire substantiellement un grand nombre de garanties dont bénéficient les titulaires de CDI".

La fin du CDI mais des licenciements sécurisés pour sortir du marasme de la crise ? Cette flexisécurité marche dans certains pays européens. A suivre chez nous….

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2018