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Réforme des retraites : si vous êtes une femme, tant pis pour vous

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Retraites faibles pour le sexe faible. C’est ainsi que l’on pourrait résumer le constat des fortes inégalités qui existent entre les retraites des hommes et des femmes. Inégalités que la ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem souhaiterait réduire en même temps que la réforme. Vœu pieux ?

Petit tableau du travail des femmes depuis les années 70. Selon la Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares), le pourcentage des femmes qui travaillent est plus important que dans les années 70 (63,8% en 2005 contre 51,5% en 1975). Elles commencent aussi leur activité professionnelle plus tard qu’avant (29% en 2005, 45,5% en 1975), études et parcours qualifiants obligent .

En contrepartie le taux d’activité des hommes qui était de 82,5% en 1975 a chuté à 74,5% en 2005.

L’écart salarial entre hommes et femmes lui, continue à exister. Les inégalités face à l’accès aux professions persistent, les femmes sont toujours plus sujettes à un emploi précaire ou à un temps partiel et les personnes au foyer sont toujours des femmes, en immense majorité.

Ces inégalités on les retrouve lors de la retraite. Ces femmes qui ont travaillé toute leur vie au même régime que leurs collègues masculins (sans compter le travail domestique) touchent en moyenne une retraite de 932 euros en droits propres, contre 1603 pour les hommes, d’après la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques).

Si l’on y ajoute les pensions de réversion, les revenus féminins culminent à 1157 en moyenne contre 1740 euros, selon les données de 2008. En outre une femme retraitée sur trois perçoit moins de 700 euros par mois et les deux tiers des retraités pauvres sont des femmes.

Un douloureux constat qui risque d’empirer avec la réforme. "Pour nous, cette réforme répond à la même logique que les précédentes : allonger la durée légale de cotisation (jusqu’à 166 trimestres) et augmenter la décote. Elle va rendre encore plus difficile l’accès à la retraite à taux plein des femmes" explique Anne-Cécile Mailfert, porte-parole de l’association Osez le féminisme.

Najat Vallaud-Belkacem se dit de son côté "obsédée" par "l’impact différencié de la réforme des retraites chez les hommes et les femmes". On sait en effet déjà que l’augmentation de la durée de cotisation risque de pénaliser encore davantage les femmes.

L’accumulation des problèmes de bas-salaires, de temps partiels et de congés maternité se retrouveraient amplifiés par la nouvelle réforme si rien ne devait être fait. 25% des femmes ont déjà dû attendre 65 ans ou plus en 2011 pour partir à la retraite à taux plein. 15% des hommes sont dans ce cas.

Certains correctifs existent. Ils ne sont visiblement pas toujours suffisants ou efficaces. Par exemple, une majoration de pension de 10% est octroyée aux parents de trois enfants mais cette mesure bénéficie plus largement aux hommes car le calcul est fait à partir des pensions de base. Un homme ayant une meilleure pension qu’une femme, celui-ci sera davantage primé pour sa fertilité !

Certains restent optimistes, envers et contre tout. "A l’avenir, les écarts en termes de durée d’assurance en défaveur des femmes devraient tendre à disparaître avec la montée de l’activité féminine et le concours des droits familiaux, et les écarts de salaire seront alors la cause principale des écarts de pension subsistants" peut-on lire dans un rapport de janvier 2013 du Conseil d’orientation des retraites.

Pourtant, étant donné que les comptes de l’Etat sont au rouge et que le vieillissement de la population pousse tous les gouvernements à réformer et réformer encore le système des retraites, on peut légitimement penser que le problème des retraites au féminin ne soit que timidement affronté.

Les alternatives à la résignation ? L’association Osez le féminisme déjà cité ou le collectif Les femmes ne doivent pas battre en retraite. Informez-vous !

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