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Travail dominical et nocturne, le cas britannique

Depuis plusieurs semaines, l’ouverture le dimanche de magasins Castorama ou Leroy Merlin est sujette à critiques, mais cette question est en réalité passée au second plan. Le nœud de la polémique réside ailleurs, dans un énième débat sur le travail dominical, engendrant par extension des interrogations sur le travail de nuit.

Cependant ce débat qui fait rage dans l’hexagone apparaît d’arrière-garde aux observateurs de l'autre coté de la Manche. Quiconque connaît à la fois Londres et Paris ne peut manquer d'être frappé par la différence de législation sur les horaires de travail : alors que les grandes enseignes françaises sont majoritairement fermées après 21 heures en semaine, il est commun de pouvoir faire ses courses jusqu'à 23 heures ou minuit chez nos voisins anglais, et ce même en dehors de la capitale. Le Royaume-Uni compte environ 20% de salariés effectuant des heures de nuit.

De la même façon, le travail dominical est plus répandu au Royaume-Uni, notamment dans le secteur commercial : les horaires d'ouverture sont parfois plus restreints qu'en semaine, mais restent tout de même plus étendus qu'en France. La législation en ce domaine ne considère pas le travail dominical comme une exception à proprement parler. Ainsi, la relative banalisation du travail le dimanche depuis 1994 et le Sunday Trading Act a donc eu pour effet d'enterrer depuis longtemps le débat qui agite les partenaires sociaux et le gouvernement français à l'heure actuelle.

Entre la préservation des droits des travailleurs et le frein économique que constitue l'interdiction du travail dominical et de nuit, sans doute existe-t-il un équilibre que le gouvernement français devra s'efforcer de trouver, pour répondre à la fois aux inquiétudes syndicales et à la demande d'un assouplissement de la législation de la part des entreprises et de la population française.

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